Les oubliés de notre histoire

La langue arménienne, comme moyen de comminication

Ils sont les oubliés de l’histoire, les rejetés du monde, leur passé est douloureux, leur avenir incertain. Ils savent plus ou moins exactement qui ils sont, d’où ils viennent, certains en ont qu’une vague idée, des rumeurs tout au plus, des doutes voire des craintes, ils sont sortis du tabou il n’y a pas très longtemps. Bien sur les turcs s’en méfient, les arméniens aussi un peu, on a révélé leur existence il y a peu et encore dans une confidentialité qui confine au secret, et pourtant ils sont là et bien là.

Le tout est de savoir à quelle communauté ils appartiennent, quels est leur choix, mais ont il un vraiment le choi ? ces arméniens de Turquie qu’on a islamisé, turquifié ou kurdifié, ces descendants de rescapés des massacres, les descendants de ces enfants volés, de jeunes filles kidnappées, de conversion par famille entière, leur population est estimée entre 2 et 3 millions, ceux qui veulent retrouver leur religion d’origine doivent entamer une procédure judiciaire, ce qui n’est pas très bien vu par les autorités turques, Ils ne peuvent non plus pas se marier avec les vrais musulmans . D’après Monseigneur Karekine Bekdjian Archevêque et prélat de l’église apostolique arménienne d’Allemagne, lui même originaire de Turquie, ces oubliés sont de plus en plus nombreux à vouloir retrouver leur véritable identité. Il est vrai que cette islamisation a commence bien avant le génocide, selon les experts le nombre oscille aux alentours des 10.000.000 d’âmes en Turquie, sans compter ceux qui ont quitté le pays

Ce qui relie cette population de la Turquie profonde aux arméniens chrétiens, à tous les arméniens c’est la langue arménienne, même s’ils ne savent pas tous ce qu’est de l’arménien, même si cette langue est incomplète, mal maîtrisée, uniquement transmise oralement, pas dans des conditions idéales d’apprentissage, dans un environnement méfiant voire hostile, le fait est que la langue arménienne est présente et nous rattache à eux.

«Un peuple peut exister, ou plutôt persister, sans gouvernement choisi par lui, sans institutions nées de son sein, à la rigueur sans terre qui lui appartienne, mais s’il ne possède pas de langue qui lui soit propre, c’est un peuple mort». Joseph Kessel

On pourrait dire pour faire simple, qu’il y a trois arméniens: L’achkharapar: (langue du pays), divisé en: arménien occidental utilisé en Turquie, Liban, France…arménien oriental utilise en Arménie et en Iran. Le krapar (langue des livres) que l’on pourrait qualifier d’arménien classique utilisé par les religieux, les messes, livres religieux et les prières sont en krapar. Depuis Khatchadour Apovian (1809-1848) les livres sont imprimés en ackharapar et non plus en Krapar afin que le plus de personnes possible puisse les lire.

L’arménien utilisé en diaspora n’évolue pas de trop, car il n’y a pas d’institutions étatiques ou gouvernementales qui pourraient prendre en charge ce travail, seul quelques bonnes volontés ici et là s’y attellent, mais ce sont des cas isolés avec peu ou pas de moyen.

L’arménien oriental n’a pas ce problème la République d’Arménie se charge de faire évoluer la langue pour la mettre au niveau des besoins actuels.

La personne qui connaît bien une langue peut aussi comprendre l’autre, les différences se situent au niveau de l’orthographe, des tournures de phrases, de la conjugaison, de la prononciation t des expressions courants propres a chaque langue. En effet si l’arménien oriental et occidental utilise le même alphabet, chacune des lettres de l’alphabet arménien correspond à un «son» ce qui évite beaucoup de fautes d’orthographe à celui qui maîtrise bien cette prononciation.

L’arménien oriental respecte cette prononciation, tandis que l’arménien occidental a tendance à prononcer de la même façon les lettres de l’alphabet qui sont proches les unes des autres, l’arménien oriental a simplifié son orthographe utilise peu certaines lettres au grand dam des puristes de l’arménien occidental.


Pour autant la langue reste le seul lien commun aux arméniens vivant sur le territoire national comme en diaspora qu’ils soient en Arménie, Etats unis, Moyen-Orient, Ethiopie…En diaspora la difficulté réside dans l’apprentissage et l’utilisation de la langue arménienne, ici on se trouve confronté à l’assimilation que l’on pourrait aussi qualifier de génocide blanc, moins violent, moins sanguinaire que le génocide rouge mais plus dangereux, plus insidieux car sans douleur apparentes et sans la peur.

Nos écoles de la diaspora contribuent comme elles le peuvent à l’apprentissage et à la préservation de la langue, encore qu’il y a peu d’écoles au regard des besoins et des possibilités de fréquentation, Une autre difficulté s’ajoute en diaspora, dans les familles «mixtes» a la maison on utilise la langue du pays par obligation, la transmission ne se fait plus naturellement mais passe obligatoirement par un apprentissage scolaire, qui ne donne pas forcement les résultats escomptés.

L’église pourrait jouer aussi un rôle, nos religieux parlent tous l’arménien, l’église est un lieu de rassemblement et de prières, qui reçoit tous les arméniens en dehors de tout clivages politique, c’est aussi un petit coin d’Arménie qui partout dans le monde, revit le dimanche matin entre dix heures et midi.

Arménien : langue de la famille indo européenne parlée depuis plus de trois mille ans, en 405, le moine Mesrop Mashtots a inventé l’alphabet arménien qui comporte aujourd’hui 38 lettres.

La traduction simultanée, en arménien du texte biblique et de ses exégèses a permis la conservation dans cette langue, de testes rares du judaïsme hellénistique et du christianisme primitif.

Armenagan.




Այսքան չարիք թէ մոռանան մեր որդիք, թող ողջ աշխարհ կարդայ հայուն նախատինք
Armenagan 2004 Հրայր