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Mon Incroyable histoire

"je suis fasciné par toutes ces églises à Ani."


En janvier dernier, lepetitjournal.com d'Istanbul publiait la troisième édition de son Almanach 2014 "Un an en Turquie". En plus d'un retour sur l'actualité, nous vous proposions une série inédite de dix témoignages. Dix récits, à la première personne, de lecteurs qui ont accepté de nous confier un épisode marquant de leur vie en Turquie. Nous les avons voulus aussi différents que possible, drôles ou tragiques, cocasses, insolites, tristes, émouvants... espérant qu’ils vous intéresseront. Chaque semaine, nous vous proposons de retrouver l'un de ces dix témoignages. Aujourd'hui, celui de Giuseppe Baldassarre, ingénieur en environnement
En octobre 2013, je voyage dans l’est de la Turquie avec un ami. Nous sommes à Kars depuis la veille, et le Kurban bayramı sera célébré le lendemain. Nous sommes hébergés par un certain Murat dans le dortoir d’une école religieuse dont il est l’un des responsables. Ce jour-là, nous profitons de la journée pour visiter Ani, ville historique située à environ une heure de route de Kars, à la frontière avec l’Arménie.
La liaison entre Kars et Ani est très mal assurée, surtout en cette saison pauvre en touristes. Murat a la gentillesse de nous y amener en voiture, accompagné de son ami Sidar. C’est donc à bord de sa vieille voiture rouge que nous traversons de magnifiques paysages montagneux. Nous arrivons aux portes de la ville, lieu stratégique dans le passé notamment de par sa position sur la Route de la Soie. J’apprends aussi qu’elle est passée entre les mains de plusieurs empires et civilisations. Personne ne vit plus à Ani, il s’agit désormais d’un immense site archéologique. 
Nous entrons dans Ani qui est encerclée par d’immenses remparts. Nous entamons notre visite et ne rencontrons absolument personne. Par contre, il y a beaucoup d’église : il paraît qu’il y en aurait plus de mille. Cela me paraît démesuré, mais je peux aisément comprendre que la situation de la ville, ainsi que l’époustouflante beauté et pureté de la nature qui l’entoure, tendent à rapprocher du divin. Murat nous explique que les Arméniens étaient réputés pour façonner la pierre de façon remarquable. C’est effectivement frappant. Les formes, les couleurs : tout s’assemble, en ordre et en harmonie.
Si une partie des églises est en ruines, un certain nombre d’entre elles sont encore quasiment intactes. Il faut avouer qu’il y en a des particulièrement incroyables. Par exemple celle qui a été littéralement coupée en deux. Elle aurait été touchée par la foudre, et il n’en reste plus que la moitié ! Mais c’est en arrivant en face de la cathédrale que je suis le plus émerveillé. Elle est gigantesque ! Je suis fasciné par la présence de toutes ces églises et je me rends compte qu’autrefois, l’Anatolie devait être une région importante pour le christianisme.
Au milieu de tous ces lieux de culte chrétiens se trouve une mosquée, qui ne possède qu’un seul minaret. Lorsqu’on y entre, on aperçoit la vallée à travers les fenêtres. C’est un endroit sublime, et tellement mystique. Aussi, elle est établie juste à côté d’une rivière. C’est cette rivière qui constitue aujourd’hui la frontière entre la Turquie et l’Arménie.
Nous nous dirigeons ensuite vers la colline de la forteresse. Ou de ce qui fut jadis la forteresse, car ce n’est plus qu’un amas de ruines qu’il faut quelque peu escalader. La vue est à couper le souffle. Mon regard est directement exposé à la beauté et à l’immensité du paysage. Le jaune et le marron de l’automne participent à la réussite du tableau. De plus, le silence règne. Nous sommes au milieu des églises, des remparts et des ruines, et la paix nous enveloppe.
Cela fait environ trois heures que nous sommes à Ani. La journée est déjà bien avancée et nos deux accompagnateurs nous avouent voir leurs forces diminuer. De plus, ils doivent faire une prière importante et cela leur est impossible dans l’enceinte du site. Nous quittons alors Ani.
Nous faisons d’abord une halte dans un café non loin de là pour que Murat et Sidar puissent prier. En les attendant dehors, je remarque des enfants qui s’occupent de chevaux. Je demande si je peux monter et quelques secondes plus tard je me retrouve à cru et au galop.  La sensation est fantastique mais malheureusement, je perds le contrôle de ma monture et me fais totalement embarquer. Préférant éviter l’accident, je finis par sauter du cheval, mais celui-ci continue sa course. Ne pouvant revenir auprès des enfants les mains vides, je me mets à lui courir après. Je le poursuis sur une longue distance, mais il est évidemment plus rapide que moi. Lorsque je le vois entrer dans Ani et se rapprocher de la rivière, je crains qu’il ne la traverse et qu’il soit définitivement perdu. Finalement, l’un des enfants me rejoint et récupère l’animal avec une facilité bien déroutante.
C’est finalement bien à bord de notre véhicule que nous prenons la route du retour. Nous roulons dans la lumière du crépuscule. Les couleurs du ciel sont sublimes et les paysages traversés toujours aussi majestueux. Il fait nuit noire lorsque nous arrivons à Kars. Le lendemain, jour de Bayram, nous partirons pour Van en auto-stop.ʺ 
 
Propos recueillis par Amélie Boccon-Gibod (www.lepetitjournal.com/istanbul) vendredi 20 novembre 201
 
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